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Tricoter la vie

Un art ancestral

Pour les Wayuu, tricoter fait partie de la légende de Welker (araignée), d’un savoir-faire propre à leur culture pour un artisanat à l’usage personnel. Actuellement, celui-ci est la seule activité commerciale qui leur permet de gagner leur vie. C’est pourquoi ils se doivent d’y consacrer de plus en plus de leur temps. La vie des Wayuu dépend de leurs mains et leurs yeux et, même lorsque la fatigue oculaire se fait sentir ils doivent toujours trouver la force de créer et continuer.

Il y a longtemps, la division du travail entre hommes et femmes était nette : les hommes s’occupaient de travailler la terre et de l’élevage, mais sècheresses, épidémies et vols ont simultanément contribué à abolir cette répartition des tâches et les ont guidés vers cet artisanat asexué. Ainsi aujourd’hui, le tricotage nous montre la participation active des hommes dans la fabrication des mochilas, car ce sont eux qui élaborent la bandoulière.
Tricoter la vie

Les Wayuu sont aussi connus pour le tricotage des hamacs et chinchorros. Ce sont principalement les femmes adultes qui travaillent cette technique. La différence entre un hamac et un chinchorro se trouve dans son élaboration : un chinchorro est élastique et plus léger qu’un hamac, compact et très lourd. Un hamac peut en effet peser jusqu’à 8Kg.
Tricoter la vie

Malheureusement, la progression de la demande a d’accablantes conséquences culturelles. Dans la mémoire des jeunes, la signification des figures ancestrales (kanas) commence en effet à être un peu lointaine. La préoccupation majeure est de tricoter pour vendre, car dans les alentours des rancherias, la possibilité de trouver un autre travail est pratiquement inexistante.
Comme dit Josefa “…Por aquí es muy dificil conseguir un empleo y con estas mochilas es que uno come…” (parce que ici c’est très difficile de trouver un emploi, et c’est avec ces mochilas qu’on mange).
Tricoter la vie

Malheureusement, la progression de la demande a d’accablantes conséquences culturelles. Dans la mémoire des jeunes, la signification des figures ancestrales (kanas) commence en effet à être un peu lointaine. La préoccupation majeure est de tricoter pour vendre, car dans les alentours des rancherias, la possibilité de trouver un autre travail est pratiquement inexistante.
Comme dit Josefa “…Por aquí es muy dificil conseguir un empleo y con estas mochilas es que uno come…” (parce que ici c’est très difficile de trouver un emploi, et c’est avec ces mochilas qu’on mange).
Tricoter la vie

Les temps ont définitivement changé, le troc n’existe plus, et l’argent nous a mis dans l’embarras. La nécessité de l’argent se manifeste et avec elle le profit des quelques-uns aussi.
Le processus pour élaborer et vendre une mochila commence par un investissement d’argent pour acheter son fil, puis, par un investissement de temps pour la tricoter, pendant des jours selon les différents types de mochilas. Pour terminer, il faut faire le chemin pour les vendre aux intermédiaires des marchés ou dans les rues de villes comme Riohacha.
Tricoter la vie

“Las necesidades abundan mucho aunque ellos estan en su territorio, casa propia pero no hay una fuente de tabajo , no hay un ingreso. […] Sus deseos es tener a sus hijos en buen estado en buenas condiciones de vida pero las artesanias no les da la base, porque las artesanias no son bien vendidas , ellos no se los copran a buen precio y la idea de ellos es cambiar y mejorar sus condiciones de vida.”
Les problématiques sont nombreuses même si les Wayuu sont propriétaires de leur territoire, de leur maison, mais il n’y a pas une source de travail fixe, il n’y a pas de revenu. Leurs vœux sont d’avoir leurs enfants en bonne santé et avec les meilleures conditions de vie mais l’artisanat ne leur donne pas le nécessaire, parce que les produits issus de l’artisanat ne sont pas bien payés, ils ne sont pas achetés au bon prix et leur idée est de changer et d’améliorer leurs conditions de vie.
Tricoter la vie

Même si la vente des mochilas est croissante, les indigènes n’en tirent aucune amélioration économique, pire, quelques wayuu ont la ferme conviction d’être exploités. Malheureusement les intermédiaires des grandes villes ne valorisent pas le travail ni les efforts des artisans. Les femmes protestent contre le prix payé qui n’est pas juste.
…como son ellos del exterior no saben como vive uno, ojala vivieran por aquí y se dan cuenta la lucha de vivir en el monte porque somos wayuu porque no valemos nada para ellos, pero eso solamente Dios los puede convencer porque el dice que convence todo … ” – Josefa
(… comme ils sont de l’extérieur, ils ne savent pas comment nous vivons, j’aimerais tellement qu’ils habitent par ici, pour qu’ils se rendent compte de la lutte qu’est la vie dans la nature, parce que pour eux, comme nous sommes wayuu, nous n’avons pas de valeur, mais seulement Dieu peut les convaincre, parce qu’il dit qu’il peut tout convaincre … )